Le cessez-le-feu en Iran est-il devenu un feu vert pour la répression ?
Le cessez-le-feu en Iran est-il devenu un feu vert pour la répression ?
Par Lana Yeghnazar Silk
Un cessez-le-feu illimité en Iran était censé apporter un soulagement. Au lieu de cela, il a aggravé la situation. Cette pause cruciale a permis au régime de se regrouper, d’élaborer de nouvelles stratégies et de renforcer son autorité. Naturellement, la peur s’est emparée de l’Iran.
Ces mots d’une mère iranienne anonyme et terrifiée résument peut-être mieux que moi la situation actuelle : “J’ai plus que jamais peur pour notre avenir, car nous ne savons pas ce qui nous attend après ce cessez-le-feu, ni s’il conduira à une répression encore plus dure et plus sombre qu’auparavant.”
Je suis né en Iran au début de la révolution et j’ai le privilège de diriger Transform Iran. J’ai vu de mes propres yeux comment ce cessez-le-feu n’a fait qu’aggraver le climat de contrôle sur la population. Les Iraniens ne sont pas heureux de ce répit de la guerre. Ils sont profondément découragés.
Le nombre de points de contrôle du gouvernement a augmenté ces dernières semaines. Les exécutions se sont intensifiées. Nous avons également reçu des rapports sur le terrain faisant état de militants recrutés en Irak, au Liban et en Afghanistan, qui auraient pris le contrôle des rues, criant des slogans de propagande islamique afin d’instiller une atmosphère d’intimidation pour les gens du peuple, qui ont maintenant peur de sortir de chez eux.
Le gouvernement iranien se prépare activement à de nouvelles attaques, révélant une fois de plus ses ambitions mondiales inébranlables. Comme le dit un citoyen âgé, “contrairement à nous, les Iraniens, les États-Unis et l’Europe ne connaissent pas vraiment ce gouvernement trompeur” : “Contrairement à nous, les Iraniens, les États-Unis et l’Europe ne connaissent pas vraiment ce gouvernement trompeur. Bien qu’il ait trompé la communauté internationale à plusieurs reprises, ils s’assoient toujours à la table des négociations avec lui”.
Pendant ce temps, la République islamique d’Iran vient d’être accueillie au sein des Nations unies, une nouvelle réalité incompréhensible.
Ce poste prestigieux est censé honorer un “organe qui contribue à façonner la politique en matière de droits de l’homme, de droits des femmes, de désarmement et de lutte contre le terrorisme”. Il s’agit là de l’antithèse même du système de gouvernance et de croyance du régime iranien.
L’attribution de ce statut à l’Iran devrait tous nous alarmer, d’autant plus que les dirigeants de ce pays s’emploient à brutaliser activement leurs propres femmes, leurs enfants, leurs minorités ethniques et leurs minorités religieuses. De même, le régime islamique est et reste terroriste à l’égard de sa propre nation et des autres depuis la naissance de sa révolution en 1979, il y a près de 50 ans.
En réalité, le gouvernement iranien a montré qu’il n’y avait pas de limites significatives qu’il n’était pas prêt à franchir pour maintenir son emprise sur le pouvoir.
Des rapports continuent de faire état d’enfants soumis à d’horribles abus pendant leur détention, y compris des agressions sexuelles répétées. Les détenus sont exécutés sans procès ni défense légale dans le cadre d’un système qui ne fait même plus semblant de respecter les droits de la défense. Les citoyens sont actuellement contraints à des mises en scène de loyauté. Entre-temps, l’utilisation d’enfants soldats et la violence extrajudiciaire soulignent le mépris total du régime pour la dignité humaine fondamentale.
La situation économique s’aggrave de jour en jour ; pour de nombreuses familles, la préoccupation première n’est plus seulement la sécurité physique et l’avenir politique du pays, mais les besoins fondamentaux, y compris la réalité de la famine.
Les dirigeants iraniens sont tout sauf moraux. Cette guerre n’a fait qu’amplifier l’horrible terrorisme à l’encontre de son propre peuple et à l’étranger. Malheureusement, cette distinction attribuée par l’ONU ne fera qu’aggraver une réalité déjà odieuse, car elle ne manquera pas d’améliorer la vision globale du régime iranien et, par conséquent, de diluer la pression existante en faveur d’un changement.
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Alors que nous, Occidentaux, vivons et prospérons dans le pays de la liberté, nous sommes appelés à quelque chose de plus grand : représenter un espoir et une voix pour les plus vulnérables, une voix que le peuple iranien ne possède pas.
Pourtant, sans connaître la liberté, ils se battent pour l’obtenir à tout prix.
Nous devons donc faire tout ce qui est en notre pouvoir pour promouvoir et soutenir le changement. Il s’agit notamment d’encourager nos dirigeants nationaux à s’opposer à tout renforcement involontaire de ce régime, tant sur le plan politique que militaire.
Un cessez-le-feu qui ne fait que maintenir la main de l’oppression n’est pas du tout une paix, mais un prélude à des souffrances plus profondes, et pas seulement pour les Iraniens. Les implications concernent tous les Occidentaux qui s’opposent à l’objectif exprimé par l’Iran d'”exporter cette révolution dans le reste du monde”. Ne nous laissons pas berner et ne pensons pas le contraire.
Les États-Unis ont une occasion rare d’entrer dans l’histoire de l’Iran, non pas par le silence, mais par l’action. Nous devons prendre le relais en informant les autres, en amplifiant leur voix et en faisant pression sur nos dirigeants pour qu’ils s’opposent à tout résultat qui renforcerait encore le régime.
La suite de ce cessez-le-feu ne sera pas déterminée par Téhéran seul, mais par le fait que nous, en tant que nation libre et renforcée, choisirons l’action morale plutôt que la complaisance.
Lana Silk est présidente et directrice générale de Transform Iranune organisation qui fournit une aide humanitaire et un soutien aux personnes en Iran. Née en Iran lors de ce que l’on appelle le “vendredi noir”, le jour même du déclenchement de la révolution islamique, elle s’est ensuite installée au Royaume-Uni, où elle a fait carrière en tant que stratège en communication. Aujourd’hui, elle défend le peuple iranien et s’efforce de sensibiliser l’opinion publique mondiale aux conditions qui règnent dans le pays, notamment aux défis auxquels sont confrontées la société civile et les minorités opprimées.
Image d’en-tête : crédit photo AP Photo/Vahid Salemi
Publié à l’origine sur : Townhall
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