Après avoir parcouru 6 400 kilomètres à vélo, Arotin a atteint la frontière de son pays natal, l’Iran : ce fut un moment émouvant.
Après avoir parcouru 6 400 kilomètres à vélo, Arotin a atteint la frontière de son pays natal, l’Iran : ce fut un moment émouvant.
Après près de deux mois et plus de 6 400 kilomètres parcourus, Arotin Babakhani a achevé son extraordinaire périple à vélo, des Pays-Bas à l’Arménie, s’arrêtant juste avant la frontière iranienne. Son défi, qui s’est achevé le 7 juillet, avait pour but de sensibiliser le public et de mobiliser le soutien en faveur des chrétiens persécutés et des communautés vulnérables en Iran. Dans cet entretien accordé au journal néerlandais Reformatorisch Dagblad, M. Babakhani revient sur cette arrivée riche en émotions, sur les épreuves physiques qu’il a surmontées et sur la foi courageuse des chrétiens iraniens qu’il a rencontrés tout au long de son parcours.

Par Michiel Bakker
Une randonnée à vélo en soutien aux chrétiens persécutés en Iran
Pendant près de deux mois, Arotin Babakhani (36 ans), originaire de Staphorst, a parcouru des kilomètres à vélo afin d’attirer l’attention sur le sort des chrétiens iraniens persécutés. Lundi, il a atteint en Arménie le point d’arrivée de son périple, tout près de la frontière avec l’Iran. « C’est là que j’ai versé quelques larmes. »
Chevilles enflées, piqûres de moustiques et poursuites par des dizaines de chiens errants en Roumanie, en Turquie et en Arménie. Au cours de son périple à vélo de près de deux mois organisé pour l’association Transform Iran, Babakhani a vécu tout cela. « Les chiens errants qui n’arrêtaient pas de me courir après me donnent encore des cauchemars », a déclaré mardi l’Iranien par téléphone depuis Ararat, près de Erevan, la capitale arménienne.
Le 9 mai, Babakhani est parti à vélo depuis Staphorst, sa ville natale. Lundi après-midi, il a atteint les montagnes de Syunik, en Arménie. « Il pleuvait malheureusement à mon arrivée, mais j’ai pu apercevoir l’Iran. » Dans la ville voisine de Megri, il avait une vue encore plus dégagée sur son pays natal, où les chrétiens traversent une période difficile. « C’est là que j’ai versé quelques larmes. Ce fut un moment émouvant », raconte Babakhani. Il est lui-même arrivé aux Pays-Bas il y a 26 ans en tant que réfugié avec ses parents, car son père, qui était actif au sein d’une église arménienne à Téhéran, était menacé.
À deux reprises, je me suis retrouvé pris dans une violente tempête accompagnée de pluie, de grêle et d’orage.
À son arrivée à Megri, Babakhani avait parcouru plus de 6 400 kilomètres à vélo, soit près de 1 000 de plus que ce qu’il avait prévu au départ. « Un calculateur d’itinéraire ne tient pas compte des routes en mauvais état ni des détours que l’on doit effectuer en raison d’une tempête en cours de route. »
Le vélo n’a pas été difficile pour Babakhani, dit-il. « Je m’étais beaucoup entraîné et j’étais bien préparé. Mentalement, cela a toutefois été plus difficile que je ne l’avais prévu. On est presque tout le temps seul. À deux reprises, je me suis retrouvé sur une haute montagne au milieu d’une violente tempête accompagnée de pluie, de grêle et d’orage. La deuxième fois, c’était il y a quelques jours en Arménie, alors qu’il me restait encore 40 kilomètres à parcourir à vélo. Dans ces moments-là, on prie encore plus fort que d’habitude pour arriver à bon port en toute sécurité. »
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À plusieurs reprises, le cycliste a fait des rencontres mémorables au cours de son périple. « Un jour, j’ai demandé de l’eau à des gens et ils m’ont invité à déjeuner chez eux, car ils voulaient entendre mon histoire. Au pied d’une haute montagne que je devais gravir, une voiture s’est arrêtée et ses occupants m’ont offert des cerises et de l’eau fraîche. Et puis, en Turquie, lorsque ma chaîne de vélo s’est cassée, un fourgon de police s’est arrêté et m’a conduit 30 kilomètres plus loin, où j’ai pu réparer mon vélo. »
La persécution des chrétiens en Iran se poursuit.
Des rencontres qui mettent en lumière le courage des chrétiens iraniens


Dans la ville turque de Trabzon, Babakhani a rencontré deux chrétiens iraniens chez qui il a séjourné. « Ils sont en Turquie depuis douze ans déjà, sans titre de séjour, et n’ont pas le droit de quitter la ville. S’il y avait la moindre plainte à leur encontre, ils seraient immédiatement renvoyés en Iran. Ils n’ont aucune perspective d’avenir. Seule la foi leur permet de tenir le coup. »
Découvrez le courage et la résilience remarquables des chrétiens iraniens
Églises fermées
À Megri, Babahkani a été pris en charge lundi par le pasteur arménien d’une église située à Ararat, à environ 35 kilomètres de Erevan, la capitale arménienne. Ce dernier l’a conduit à son église, où l’attendaient Noora, l’épouse de Babahkani, et leurs deux filles. « Les paroissiens ont eu la gentillesse d’acheter des fleurs et un gâteau pour elles en mon nom. »
Grâce à son périple cycliste caritatif, Babakhani a récolté plus de 21 200 euros au profit de l’organisation Transform Iran, qui vient en aide aux chrétiens iraniens en Iran, en Turquie et en Arménie. Ce travail est absolument indispensable, affirme Babakhani. « Au cours de mon périple, tout était une question de foi et de persévérance. Cela vaut encore davantage pour les chrétiens iraniens confrontés à la persécution. J’ai appris que deux églises avaient de nouveau été fermées en Iran la semaine dernière. La persécution des chrétiens se poursuit. »
La persécution des chrétiens en Iran se poursuit, mais la croissance de l’Église aussi. Partout en Iran, des croyants courageux restent fermes dans leur foi, partagent l’espérance du Christ et évangélisent malgré une pression immense.
Publié à l’origine sur : Reformatorisch Dagblad
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